Photo du compositeur Sergei Prokofiev devant un piano
Sergei Prokofiev 

Portrait

Prokofiev, compositeur de génie

L’œuvre de ce pianiste, né en 1881 dans la Russie des tsars, est indissolublement liée aux soubresauts de son pays natal, devenue URSS après la Révolution de 1917. Venez découvrir, en famille, l’un de ses chef-d’œuvre, Pierre et le loup, le 14 décembre à Dammarie-lès-Lys.

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Sergueï Sergueïevitch Prokofiev

Né à Sontsovka, ville de l’Empire russe aujourd’hui ukrainienne, Prokofiev découvre le piano dans sa prime enfance, en écoutant les pièces de Beethoven, Chopin ou Tchaïkovski que lui joue sa mère. Après avoir assisté à deux opéras, il compose le sien, intitulé Le Géant, alors qu’il n’a que huit ans. Peu de temps après, il va à Moscou où il suivra des cours auprès de grands maîtres, puis à Saint-Pétersbourg où il étudiera le piano, la composition, l’orchestration et la direction d’orchestre. Ce prodige signe plusieurs compositions, dont son premier Concerto pour piano, et se produit très vite en concert. Il n’en faut pas plus pour que Saint-Pétersbourg s’entiche de ce nouveau talent.

Révolution bolchévique et années d’exil

En 1914, Prokofiev voyage en Europe, où triomphent déjà Igor Stravinsky et Diaghilev. Il compose avec frénésie, en explorant tous les genres musicaux : opéras, symphonies, concertos ou cantates. Mais la chute de Nicolas II, en 1917, le conduit à s’exiler. De Saint-Pétersbourg à Vladivostok, il rejoint le Japon puis le continent américain. Démuni, c’est là qu’il composera quelques-uns de ses chefs-d’œuvre, dont l’opéra L’Amour des trois oranges. À Paris, où il s’est finalement installé, il jouit d’une belle réputation, travaille avec acharnement et collabore régulièrement avec Diaghilev. Mais son pays lui manque...

Sergey Prokofiev - L'amour des trois oranges / The Love for Three Oranges

Accueilli sous les honneurs, puis banni  

À la fin des années 20, Prokofiev effectue une tournée triomphale en URSS. Afin qu’il revienne définitivement, le régime promet à “son” prodige un appartement, une voiture et une datcha (sorte de résidence secondaire à la campagne, ndlr). En 1936, il quitte donc la France et rejoint Moscou où une période faste s’ouvre à lui : il crée des musiques de films, compose le ballet Roméo et Juliette, puis Pierre et le loup (1936), conte musical pour enfants qui connaîtra un retentissement mondial. Mais le pouvoir stalinien, qui avait accueilli son retour sous les honneurs, se détourne de lui, jugeant son travail incompatible avec la doctrine. Ruiné et interdit de voyager à l’étranger, Prokofiev continue néanmoins de composer.

Prokofiev : Roméo et Juliette, suite (Orchestre national de France / Măcelaru)

Un éphémère retour en grâce

La grande guerre patriotique lui permet de regagner les petits papiers du régime. Il écrit un opéra Guerre et paix (1942), d’après l’œuvre de Tolstoï, Cendrillon, un ballet en trois actes, entre 1941 et 1944, ainsi qu’une Cinquième symphonie (1945), la plus grandiose des sept qu’il composera, célébrant la victoire de l’URSS sur l’Allemagne. Proclamé “artiste du peuple” en 1947, il sera ensuite victime d’une purge stalinienne, car jugé trop cosmopolite. Serge Prokofiev s’éteindra en 1953, terrassé par une hémorragie cérébrale, alors qu’il n’a que 61 ans. En 1957, sous Khrouchtchev, il recevra le prix Lénine (l'une des plus hautes distinctions accordées du temps de l'Union soviétique, ndlr) à titre posthume.

L’un de ses chefs-d’œuvre, Pierre et le loup, sera joué le 14 décembre à 14h30 à l’Espace Nino Ferrer de Dammarie-lès-Lys. 

Par Virginie Champion (agence TOUTécrit) 
 

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